Les transports maritimes promeuvent de l’esclavage et des pollutions

Huit ans après la mise en place de ce catalogue de bonnes intentions au niveau européen, le rapport du CESE en France nous dit que les 10 Etats européens – dont le Royaume Uni- qui comptent le plus dans le transport maritime font immatriculer leurs navires sous pavillon de complaisance. Le rapport indique que « 40%  de la flotte mondiale appartient aux armateurs européens. Cependant, ils n’emploient que 40% de ressortissants des Etats membres et recourent majoritairement à une main d’œuvre bon marché des pays tiers, y compris à bord des navires battant pavillon d’un des Etats membres et naviguant au sein de l’UE ».


Le rapport du CESE nous précise ensuite que « entre 1 000 et 1300 navires commerciaux sont démantelés chaque année, dont les deux tiers sont des navires sous pavillon européen. La majorité des sites de démantèlement sont situés en Asie du sud-est  qui regroupe 95% du secteur de la déconstruction, essentiellement en Inde (80%), au Pakistan et au Bangladesh ». Dans 70% des cas, il s’agit de navires que l’on a fait échouer sur les plages de ces pays et les ouvriers (dont 20% d’enfants de moins de 15 ans au Bangladesh) travaillent dans des conditions d‘hygiène déplorables.


Dès l’année 2004, l’Organisation internationale du travail (OIT) « avait voté à l’unanimité un ensemble de critères régissant l’élimination et le recyclage des navires », rappelle le rapport du CESE. De son côté, l’Organisation maritime internationale (OMI) avait, le 15 mai 2009, adopté une convention dite de Hong Kong  dont un des objectifs était « d’éliminer les accidents, les lésions corporelles et autres, effets dommageables du recyclage des navires sur la santé de l’homme et sur l’environnement ». Le rapport relève ensuite que sept ans plus tard, « malgré ce corpus juridique, les Etats membres (de l’Union européenne, ndlr) ne sont que deux (France et Belgique) à avoir ratifié la convention de Hong Kong  et la plupart des navires battant pavillon européen  sont toujours démantelés en Asie  sans se préoccuper  des conditions de travail des ouvriers  et sans contrôler  le respect des normes environnementales». C’est ça aussi l’Europe du capital chère au cœur de Fillon et de Macron.

Le transport maritime émet 1milliard de tonnes de CO2 par an, soit environ 3%  des émissions mondiales, toutes activités confondues. Mais pour des raisons liées à la réduction du coût des transports en mer, il utilise des carburants à teneur très élevée en soufre. Il s’agit du fioul lourd (HFO) « carburant 3 500 fois plus polluant que le diesel et l’essence » dit le rapport du CESE  qui ajoute cette information très révélatrice en page 61 : « Plusieurs ONG  ont évalué la pollution de l’air d’une ville portuaire comme Marseille  en 2015 et 2016. En ville, la pollution est de 5 000 particules ultrafines par centimètre cube. Dans les quartiers résidentiels voisins du port, l’air était 20 fois plus pollué et à bord des navires 70 fois plus pollué».

via Les transports maritimes promeuvent de l’esclavage et des pollutions | L’Humanité

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s